Le gouvernement du Niger a annoncé, lundi à l’issue du Conseil des ministres, la création d’une nouvelle société publique d’exploitation de l’uranium dénommée « Teloua Safeguarding Uranium Mining Company » (TSUMCO SA).
Selon le communiqué officiel, cette société est créée « en lieu et place » de la SOMAÏR, précédemment nationalisée. L’ensemble du patrimoine de la SOMAÏR, transféré à l’État à la suite de cette nationalisation, est désormais dévolu à la TSUMCO SA.
Les autorités précisent que l’appellation « Teloua » renvoie à une nappe aquifère souterraine située dans la zone d’Arlit, où étaient implantées les installations de la COMINAK, exploitée entre 1978 et 2021 par le groupe français Orano, anciennement Areva.
Dans sa communication, le gouvernement nigérien évoque les impacts environnementaux liés à l’exploitation passée dans cette zone, citant notamment des effets sur les sols, les eaux et les écosystèmes sahariens. Il indique que le choix du nom de la nouvelle société répond à un objectif de mémoire et d’engagement en matière de responsabilité environnementale.
L’uranium nigérien est exploité depuis les années 1970 par le groupe français à travers ses filiales SOMAÏR et COMINAK. Cette dernière a cessé ses activités le 31 mars 2021, à la suite de l’épuisement de ses gisements.
Cette décision intervient dans un contexte de fortes tensions diplomatiques entre Niamey et Paris. En juin 2024, les autorités nigériennes avaient retiré à Orano son permis d’exploitation. Un an plus tard, elles ont annoncé la nationalisation de la SOMAÏR.
La mise en place de la TSUMCO SA s’inscrit ainsi dans un processus de réorganisation du secteur uranifère nigérien, sur fond de contentieux entre l’État du Niger et l’opérateur français.
