
Le Salon international du textile africain (SITA) a organisé le samedi 5 septembre 2026, à Ouagadougou, une soirée podium placée sous le signe de l’élégance, de la créativité et de la valorisation du patrimoine textile africain. L’événement, qui s’inscrit en prélude à une grande rencontre prévue en mai 2027 au Canada, a réuni des invités autour d’un défilé mettant en lumière le savoir-faire de créateurs burkinabè.
Dans un cadre élégant, au bord de la piscine, les mannequins ont présenté les créations de la maison de mode Artex. Plus d’une dizaine de collections haut de gamme, confectionnées à partir de fils burkinabè, notamment le Kokodonda et le Faso Dan Fani, ont été dévoilées au public.
À travers ces différentes créations, Artex a donné à voir les possibilités qu’offre le textile local lorsqu’il est associé à la créativité et à l’exigence de la haute couture. Les silhouettes présentées ont ainsi permis de mettre en valeur les tissus, les motifs et le travail des stylistes de la maison.
Une chaîne de valeur à valoriser
Dans son discours, la coordonnatrice des soirées podium du SITA,Thiam/Kpoda Ghislaine, a présenté la soirée comme un moment destiné à mettre en lumière la richesse du patrimoine textile africain et les talents qui contribuent au rayonnement de la mode africaine.

Elle a notamment insisté sur l’importance de considérer l’ensemble de la chaîne de valeur du textile, du cultivateur qui produit la matière première au consommateur, en passant par le tisserand, le teinturier, l’artisan et le styliste.
Pour la coordonnatrice, chaque création textile porte une histoire et témoigne d’une Afrique « riche de talent, fière de son identité, créative et résolument tournée vers l’avenir ». Elle a également défendu la place du textile africain comme levier de développement économique et culturel.
La soirée a par ailleurs été l’occasion de remercier la marraine de la cérémonie pour son engagement en faveur de la jeunesse, de l’entrepreneuriat et des initiatives porteuses d’avenir. La coordonnatrice a également salué le Mercure Sarada Hotel pour avoir offert le cadre d’accueil de l’événement.
Consommer ce que l’on produit, produire ce que l’on porte
Prenant la parole à son tour, la marraine, l’honorable Marie Reine Lougue a placé son intervention sous le signe du dialogue entre tradition et modernité. Elle a souligné la nécessité de transformer le patrimoine africain en créations contemporaines capables de conquérir davantage de visibilité.

Elle a particulièrement salué la créativité et l’audace de la jeunesse, estimant que le patrimoine peut constituer une source d’opportunités économiques et professionnelles.
« Notre textile doit pouvoir nourrir nos familles, créer des emplois, développer nos entreprises et contribuer davantage à l’histoire de nos économies », a-t-elle défendu.
Dans cette perspective, elle a appelé à davantage consommer ce qui est produit localement, produire ce qui est porté et valoriser les savoir-faire locaux.
Au-delà de son aspect économique, la marraine a également présenté la mode comme un outil de diplomatie culturelle, capable de favoriser les rencontres, le dialogue et une meilleure connaissance entre les peuples.
L’élégance au service du patrimoine
La soirée podium aura ainsi permis de conjuguer spectacle, mode et promotion du textile africain. À travers les collections présentées par Artex, le SITA entend contribuer à faire du textile un espace d’expression de l’identité, de la créativité et du savoir-faire africains.

Cette initiative s’inscrit dans la programmation des soirées podium annoncées de septembre à décembre 2026, avec pour ambition de créer des espaces de découverte et de célébration des talents du continent.
Entre tradition et modernité, le textile burkinabè continue ainsi de chercher sa place sur les podiums, mais aussi dans les économies et les échanges culturels internationaux.
